Burkina-Faso: Non au coup d'Etat militaire du clan Compaoré.
 

La classe ouvrière et le Peuple burkinabé viennent  une fois de plus de donner  une formidable leçon aux peuples du monde, en particulier au peuple togolais. En  mettant en échec le putsch perpétré par le Régiment  de sécurité présidentiel (RSP)) la garde prétorienne de COMPAORE,  ils  viennent une fois de plus de démontrer qu'un peuple conscient, organisé et mobilisé peut résister victorieusement  à ses ennemis, si puissants soient-ils.

Le 16 septembre en effet, des éléments du Régiment de sécurité présidentiel (RPS) ont fait irruption au palais présidentiel en plein conseil des ministres, et ont pris en otage le Président de la Transition Michel KAFANDO, le premier ministre Isaac ZIDA, et deux autres ministres. Le 17 septembre, un communiqué lu à la télévision par un officier de ce régiment, confirmait la réalité  du coup d'Etat militaire: ce communiqué  annonçait la destitution du Chef de l'Etat,  et du chef du gouvernement, et la dissolution des  institutions (gouvernement et Conseil national de la transition) et la prise du pouvoir par un Conseil national de la démocratie (CND) présidé par le général Gilbert DIENDERE. Ces décisions étaient assorties, comme il  se doit,  de la  promesse  d'une «large concertation  pour des élections démocratiques et  inclusives». De son côté, le chef des putschistes a tenté de se  justifier, prétextant  le risque de la fraude et sa  crainte  d'une instabilité préélectorale consécutive  au caractère «non inclusif». Mais  ne s'agit là que de prétextes.  

Nous relevons que la disposition électorale prétendument exclusive,  ne  visait même pas le CDP, le parti de COMPARORE, mais seulement à titre individuel, ceux qui  s'étaient prononcés en faveur du  tripatouillage de la  constitution. Ce qui est tout de même la moindre des choses ! Nous relèverons également  que c'est dès le mois de décembre 2014 que le RPS a commencé ses interventions intempestives, montrant par là le peu de respect qu'il avait pour la transition et ses institutions.  Ce putsch n'était rien d'autre qu'une tentative de restauration du pouvoir déchu de l'autocrate COMPAORE.

En effet, les putschistes avaient visiblement préparé leur coup; tirant leçon de leur  défaite face à l'insurrection  populaire d'octobre 2014, ils se sont efforcés d'empêcher les rassemblements et les manifestations populaires, en procédant  au quadrillage de Ouagadougou, et en déchaînant une répression féroce à travers la ville  bastonnades, tirs à balles réelles... Par ailleurs, les déclarations de certains dirigeants du CDP, leurs «sourires en coin», selon le magazine Jeune  Afrique, quand on les interrogeait à propos des élections, montrent bien qu'ils sont  partie prenante de l'opération putschiste. Enfin le général DIENDERE, le chef de cette junte fasciste, est déjà en lui même tout un programme en matière de contre révolution.

 Cet homme de main de COMPAORE n'est pas seulement impliqué dans l'assassinat de SANKARA, du journaliste ZONGO notamment, mais aussi dans les  entreprises mafieuses du pouvoir burkinabé au Libéria et en Sierra Léone; c'est l'homme qui, en 2005, a failli intervenir chez nous à la tête de 500 soldats, pour  soutenir l'entreprise putschiste de Faure Gnassingbé: C'est l'homme qui a organisé le soutien aux putschistes et rebelles ivoiriens des OUATARA-SORO, aux côtés d'officiers togolais, tels que le Général TIDJANI et le Colonel ATOEME. C'est dire que ce putsch intéressait pas mal de monde sur le plan international et dans la sous-région, à commencer par Faure GNASSINGBE  et Alassane OUATTARA.  Et ce n'est certainement pas par hasard  que des officines et des «spécialistes» internationaux  ont commencé à «expliquer» le putsch par le caractère prétendument non inclusif des dispositions électorales. Occultant les précédentes manœuvres d'intimidation et de déstabilisation menées  par le RSP. Peut-être se préparaient-ils à exprimer plus ouvertement leur compréhension envers les putschistes en cas de réussite de ces derniers.

 Mais le Peuple burkinabé ne s'est pas laissé faire. Il est descendu  dans la rue, résolu à faire face  et à résister aux putschistes. Non seulement à Ouagadougou malgré  la répression et le quadrillage systématique,  mais partout à l'intérieur, c'est tout le Peuple qui était debout : la classe ouvrière, la jeunesse et les mases laborieuses mobilisées dans leurs syndicats et dans leurs diverses organisations de masse. Ayant une claire conscience  de ses intérêts légitimes  et des intérêts de la démocratie, convaincu que c'est seulement par la lutte qu'il peut les conquérir et les préserver, il a rejeté avec un dédain et un mépris mérités, la médiation et  les propositions de la  CEDEAO qui n'étaient qu'une légitimation des putschistes et une prime à l'impunité.  

C'est par leur ferme  résolution et leur mobilisation que la classe ouvrière et le  Peuple ont  réussi à en traîner le reste de l'armée à ses côtés et à isoler encore plus le RSP, et à  contraindre  celui-ci à reculer. C'est ce  qui a permis aux institutions de la transition de se remettre en place. Mais nous sommes convaincus que le Peuple burkinabè, loin de baisser la garde, continuera la lutte jusqu'au démantèlement complet de la machine d'oppression de l'Etat néocolonial.  Dans cette intrépide lutte, ils peuvent compter sur le soutien indéfectible des communistes et des démocrates togolais qui mènent le même combat contre un régime despotique et son bras armée, les FAT.

 

Non au coup d'Etat au Burkina Faso ! 

Non au retour du régime réactionnaire du clan Compaoré ! 

A bas l'impérialisme français et ses laquais de la CEDEAO ! 

Vive la résistance du Peuple burkinabè !

 

 Lomé, le 21 septembre 2015 

Le Parti Communiste du Togo  -Parti de la Révolution

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