Vive le 25 ème anniversaire du 5 octobre 1990 : Pour un nouveau 5 octobre victorieux 
 

Le 5 octobre 1990, il  y a vingt-cinq ans, éclatait dans notre pays, un mouvement insurrectionnel populaire d'une ampleur sans précédent. Tout avait commencé ce jour là, par une manifestation de jeunes loméens, descendus dans la rue pour protester contre un procès particulièrement inique. Le pouvoir avait déployé son arsenal de répression avec la brutalité qui lui était coutumière. Mais la terreur répressive  s'est vite révélée incapable de  venir à bout de la détermination des jeunes.

Le mouvement n'a donc cessé de  s'amplifier et a pris un tour décisif  avec l'irruption des travailleurs Mieux, comme une trainée de poudre, il  a  embrasé tout le pays, et dans les semaines qui suivirent c'est le peuple togolais dans son ensemble  qui était debout pour dire: non à  la dictature, à l'oppression, à l'arbitraire !  Non à l'injustice et à la misère !  Eyadema démission ! Puis, joignant le geste à la parole, le Peuple avait commencé  à déboulonner  les statues de l'autocrate, à attaquer les préfectures  et les autres représentations du pouvoir, il s'agissait d'une véritable  insurrection populaire. Un tel mouvement  paraissait pour beaucoup  encore  inenvisageable quelques jours auparavant. Les travailleurs, la jeunesse et le Peuple étaient maintenus dans un corset de fer à travers les diverses officines d’embrigadement du RPT, CNTT, JRPT, UNFT UNCTT; l'Animation, les 3S, les groupes chocs, les marches de soutien.... Des nuées de mouchards et d'espions traquaient la moindre réflexion contraire au discours officiel, attirant sur ses  auteurs la répression la plus implacable.

La mystification battait son plein. L'appui indéfectible de  l'impérialisme français lui était assuré, comme en témoigne l'intervention des  troupes françaises en 1986, contre des  «assaillants». Bref, pour l'autocratie,  tout semblait aller pour le mieux dans les meilleurs des mondes. D'ailleurs au début de l'année 1990 une prétendue enquête laissait  entendre que les Togolais étaient contre le multipartisme et  ne voulaient que le RPT. Dans cette situation, alors que pour certains le pouvoir était «trop fort», d'autres se plaisaient à répandre des  théories aussi méprisantes que fallacieuses, sur «la peur viscérale des Togolais».

C'est ce Peuple prétendument peureux qui s'est levé, tel un torrent irrésistible, Il apportait ainsi la preuve que là où il y a oppression, il y a résistance, et qu'un peuple ne se laisse pas piétiner indéfiniment. Par sa force et par  son ampleur, le mouvement insurrectionnel populaire avait réussi à ébranler fortement l'autocratie et son appareil  de répression. C'est bien dans ce contexte que la presse privée s'est imposée, que des partis politiques se sont crées en dehors du RPT. Indéniablement les quelques fragiles espaces de libertés qui subsistent quelque peu encore aujourd'hui sont une conquête du 5 octobre et du mouvement insurrectionnel populaire. C'est là une vérité que rien ne pourra effacer.

Mais aujourd'hui, alors que nous célébrons le 25 ème anniversaire de ce glorieux mouvement, force est de constater que ce régime  tant vomi est encore en place. L'autocrate disparu, son fils lui a succédé et l'apprenti dictateur continue de régner avec les mêmes méthodes seulement en plus affinées, et bien plus perverses. Une nouvelle mascarade électorale vient de  le  reconduire à la tête de l'Etat néo colonial  togolais, avec  la bénédiction  des bourgeoisies réactionnaires de la sous région et des grandes puissances impérialistes qui interviennent dans notre pays.

Comment en est-on arrivé là ?


Il en est ainsi parce que des faux démocrates  sont  parvenus à s'imposer sur la scène politique nationale  et ont  pu momentanément désamorcer le mouvement insurrectionnel en faisant prévaloir le dialogue au détriment de  la lutte pour «dégager» le tyran, comme cela s'est passé notamment en Tunisie et au Burkina Faso. Ils ont ainsi permis à l'autocrate à un moment désarçonné et affaibli par la force et l'ampleur du mouvement populaire insurrectionnel, le répit dont il avait besoin pour se ressaisir et pour revenir en force. C'est ainsi que de conciliabules, en accords, en passant par une conférence nationale à la souveraineté toute théorique et  factice, nous en sommes arrivés à la situation actuelle. Mais c'est alors qu'on voit resurgir les même théories méprisantes  sur la «peur des Togolais». Le comble c'est que les porteurs de ces théories nauséabondes viennent de ces milieux où l'on a toujours prôné  et soutenu  la  politique  de la démocratie par les urnes, la théorie de la démocratie   par la non-violence et par la négociation, avec des arguments  fallacieux du genre  «nous sommes tous des Togolais», ou bien  du genre «il ne faut pas montrer au serpent le bâton  avec lequel on va le tuer».  Aujourd'hui; ce  sont les mêmes qui, incapables de regarder leurs responsabilités en face,  commencent à cracher  leur venin  sur le Peuple et  prétendent même lui faire des leçons de courage ! Ces gens ont certainement oublié tous nos morts d'hier et d'aujourd'hui, ceux de  Bè, ceux de Fréau Jardin  comme ceux  de 2005,  et comme les élèves récemment assassiné notamment à Dapaong, ils ont oublié les centaines de milliers de  nos compatriotes qui  avaient dû  fuir en exil en 1994. Ils ont oublié les fameux «Ekpemog».

La vérité c'est que le Peuple est en train de comprendre que la voie dans laquelle il s'est laissé entraîner  par les leaders de l'opposition dite démocratique  est une voie sans issue qui,  loin de le conduire à  la liberté et  à la démocratie, n'a abouti qu'à  prolonger ce régime d'oppression. Il se rend compte que  ces leaders sont des faux amis qui  se sont juste servis de ses luttes et de ses sacrifices, pour  négocier des places et des avantages au sein du régime. Prenant conscience  peu à peu de cette réalité, il n'est  plus disposé à se sacrifier pour rien; mais pour autant, il ne s'est pas laissé aller à la résignation, et les mouvements de grèves développés ces  derniers temps en attestent. Il est seulement  à la recherche  de la voie qui doit vraiment le conduire à la satisfaction de ses justes aspirations.

Plus que jamais, c'est à nous communistes et démocrates qu'il appartient, par notre travail de chaque jour, de  faire prendre conscience au Peuple qu'il n'a  pas d'autre sauveur que lui-même, et  que la voie  dans laquelle il s'était engagé spontanément le 5 octobre 1990, la voie de l'insurrection populaire,  est la seule juste. C'est  à cette  noble  tâche que nous nous attelons avec enthousiasme avec la certitude  qu'un autre 5 octobre est non seulement possible, mais inévitable. Ce sera un mouvement pour la liberté, la démocratie et pour le pain. Nous sommes convaincus, que le Peuple,  instruit et mieux organisé, grâce à notre travail, mais aussi grâce à sa propre expérience, ne se laissera plus distraire cette fois ni par  les sirènes  de la démocratie par la négociation et par les urnes, ni par les faux démocrates et  leurs tractations au sommet,  et qu'il saura mener résolument son insurrection jusqu'au bout, jusqu'à l'effondrement total de ce  régime de  dictature néocolonial, et qu'ainsi il aura créé la condition nécessaire pour l'instauration d'un régime démocratique véritable.

 

A bas l'impérialisme et la dictature  néocoloniale !

A bas le couple Gilchrist / Faure ! 

A bas les  faux amis du peuple ! 

Gloire à jamais au 5 octobre 1990 ! 

Vivement un nouveau 5 octobre !

 

Lomé, le 4 octobre 2015

Le Parti Communiste du Togo     -Parti de la Révolution

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