Hommage au militant communiste Marc Goudjo Mensah-Tohonou
 

C'est avec une immense tristesse que nous annonçons à tous les militants communistes et patriotes du Togo et, à travers eux, aux Partis Communistes frères d'Afrique et du monde, le décès de notre camarade Marc Goudjo Mensah-Tohonou survenu ce 16 janvier 2015 à lâge de 73 ans à la suite d'une courte maladie. Nous partageons la douleur de sa famille et de tous les militants du Parti.

Le camarade Marc Goudjo Mensah-Tohonou était un homme pétri de l'idéologie communiste, un révolutionnaire infatigable. Tous ceux et toutes celles qui l'ont  connu et qui ont milité à ses côtés garderont de lui le souvenir d'un homme déterminé, engagé pour les intérêts des masses prolétariennes, assoiffées de justice sociale, de dignité et de liberté. Il a toujours consacré son temps, son énergie et sa vie à la lutte contre le régime autocratique du clan Eyadema, contre la bourgeoisie réactionnaire togolaise et contre la domination de l'impérialisme français sur notre pays. La disparition de notre camarade est une grande perte pour le mouvement communiste au Togo et en Afrique.

C'était un intellectuel révolutionnaire qui a choisi le camp du prolétariat, et qui détestait, méprisait, combattait avec acharnement ces intellectuels opportunistes, véreux qui, pour quelques billets de banque, ont choisi le camp de la réaction contre les intérêts des peuples du Togo. Issu des milieux nationalistes, (car ses parents étaient des militants indépendantistes) il fut un jeune témoin de la lutte contre le colonialisme français et ses valets du PTP et l'UCPN. A cette sombre époque, le colonialisme français faisait tout pour entraver la lutte pour l'indépendance et, par conséquent, liquider le mouvement nationaliste dirigé par le CUT, parti des gros propriétaires terriens et de la  bourgeoisie national-réformiste.

Il faut reconnaître que pendant cette héroïque lutte contre le colonialisme français, la classe ouvrière naissante était sous l'hégémonie de la bourgeoisie, et  qu'elle n'avait pas encore son propre parti capable de la conduire et de transformer cette lutte anti-coloniale en lutte de libération nationale en rupture avec l'impérialisme. Témoin de cette glorieuse lutte, notre camarade avait compris que celle-ci ouvrait simplement la voie à l'instauration du néocolonialisme au Togo.

C'est donc tout naturellement que, durant son cursus universitaire, il adhéra, très tôt, en 1964, à Paris (France) au mouvement étudiants togolais et africain (UNETO-Jeunes-Togo-AESTF-FEANF) dont il connaissait la participation active aux luttes anti-colonialistes et anti-impérialistes. C'est au sein du mouvement étudiant, qu'il prit contact avec les idées démocratiques et communistes.

En tant qu'élément conscient, il joua, pleinement, son rôle historique en faisant le bilan de la lutte anti-coloniale et en participant à tous les débats idéologiques, politiques contre les courants anti-marxistes, anti-léninistes, populistes, trotskistes, maoïstes, social-démocrates et contre les révisionnistes du PAI. Ce sont ces différents débats qui ont conduit à la création, tout d'abord, du Groupe Communiste du Togo, ensuite de l'Organisation des Communistes du Togo et, plus tard, du Parti Communiste du Togo (PCT), l'outil indispensable de la classe ouvrière. Ainsi donc, la fondation du PCT marqua la rupture définitive avec le spontanéisme, le populisme, l'économisme et autres maoïsme petit bourgeois qui depuis la fin de la lutte anti-colonialiste entravaient la naissance d'un véritable courant communiste au Togo.

Dès la proclamation du PCT les 2 et 3 mai 1980 dans les rues de LOMÉ, l'autocrate sanguinaire Eyadema fut pris de fureur noire. Mais, quelques jours après, il tenta de banaliser cet événement inédit en déclarant dans le journal français Figaro Magazine du 17 mai 1980 " Des africains communistes ? Des togolais communistes ? Elle est bien et bonne ! Même les étudiants togolais ne sont pas communistes ! Personne ne l'est ici et je ne pense pas que les Africains le soient eux-mêmes"

Par la suite, l'autocrate Eyadema déclencha une féroce campagne de terreur pour liquider le jeune Parti Communiste. Cette campagne fut jalonnée d'arrestations de citoyens, de démocrates et de communistes en 1982, 1985 et 1986. Mais, notre camarade Marc Goudjo Mensah-Tohonou n'a jamais baissé les bras. Il a continué avec d'autres camarades dans la clandestinité la lutte contre le pouvoir fasciste. Il n'a jamais abandonné les siens entre les mains des fascistes togolais. Il n'a jamais cessé d'échafauder divers plans et sous plans pour rentrer en contact avec eux et, éventuellement, étudier des possibilités d'évasions de la gendarmerie et de la prison civil de Lomé.

Tout en s'adonna à ces tâches, notre camarade assura les liaisons avec les organisations du parti, participa à la rédaction du journal Révolution et L'Etendard Communiste où il relata l'histoire des divers grèves ouvrières des années 1968-1969, du mouvement syndical à la CTMB en 1972, et de la grève des chauffeurs de Taxi en 1980 et en tira un bilan fort instructif pour les communistes.

Alors que l'autocrate Eyadema et ses chiens étaient aux aguets pour écraser, broyer les communistes, notre camarade grâce à son sang-froid et à ses qualités d'organisation, assura la diffusion des tracts clandestins et d'autres documents écrites et audiovisuels relatifs à la lutte des peuples et au mouvement communiste international. C'est ce travail de sape et de dénonciation du système néo-colonial par le Parti Communiste que l'autocrate Eyadema reconnaîtra publiquement, en septembre 1988, devant quelques officiers et Yaya Malou en ces termes "les communistes continuent de jeter des tracts partout y compris au camp RIT... il est temps de mettre fin à cette pagaille"

Ce sont ces activités intrépides, menées de bout en bout par le camarade, par les communistes et les patriotes, qui ont débouché sur le glorieux soulèvement populaire du 5 octobre 1990. Mais, une fois encore, la France impérialistes et ses suppôts togolais, regroupés au sein de différents clubs électoraux et autres fronts hétéroclites, n'ont pas ménagé leurs efforts, ni lésiné sur les moyens pour détourner ce mouvement insurrectionnel populaire de toutes issue révolutionnaire dans le seul but de sauver le néocolonialisme au Togo. 

Il est vrai que le vigoureux travail de conscientisation et d'organisation, impulsé par le PCT, n'avait pas encore pénétré en profondeur la jeunesse ainsi que la classe ouvrière pour permettre aux communistes de prendre la tête de cet inédit mouvement insurrectionnel populaire. De ce fait, les masses populaires n'avaient pas pris confiance en elles-mêmes en tant qu'une force organisée pour renverser l'autocratie. Elles avaient donc cultivé des illusions à l'égard de la bourgeoisie libérale, ces faux amis du peuple; alliées et suppôts de l'impérialisme dans notre pays.

Mais tout ceci n'est qu'une faiblesse momentanée parce que le courant communiste au Togo ne cesse de progresser, de s'enraciner de jour en jour au sein des masses prolétariennes. Indéniablement, le Parti Communiste du Togo est en train de rallier à lui la classe ouvrière, les intellectuels révolutionnaires et, nous sommes certains que, poursuivant cette noble tâche laissée à mi-chemin par notre regretté camarade Marc Goudjo Mensah-Tohonou, il s'imposera, sans nul doute, comme la force dirigeante de la révolution dans notre pays. 

Gloire éternelle à Marc  Goudjo Mensah-Tohonou, digne fils du Peuple Togolais ! 

Vive la lutte inflexible des peuples du Togo contre la dictature du clan Gnassingbé, contre la bourgeoisie réactionnaire togolaise et contre  la domination de l'impérialisme français ! 

Vive le Parti Communiste du Togo, Parti de la Révolution ! 

Lomé, le 3 février 2015

Le Parti Communiste du Togo

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