A propos de la mascarade électorale du 25 avril 2015

Comme c'était à prévoir, la farce électorale qui vient de se dérouler chez nous,  n'a été qu'une formalité  destinée à  reconduire l'apprenti dictateur FAURE GNASSINBGE à la tête du pouvoir néocolonial togolais.Tout a été mis en œuvre à cette fin. Les présidents ghanéen et ivoirien, en grands parrains et en superviseurs, ont fait le  déplacement   pour venir s'assurer sur place, jusqu'à la dernière minute, que les choses se  déroulent  selon le scénario prévu. Ce n'est sans doute pas un hasard si la  proclamation  du résultat a été faite dans des conditions qui rappellent le deuxième tour de l'élection présidentielle de 2010 en Côte d'Ivoire. Tant est frappante la  similitude entre le passage en force opéré en faveur de FAURE par Taffa  TABIOU, président de la CENI, et celui entrepris par Youssouf  BAKAYOKO,  président de la C.E.I ivoirienne, en faveur du candidat OUATTARA. Chez nous ce coup de force  était  aussi un acte de provocation qui visait à  intimider le Peuple et à faire la démonstration de la toute puissance d'un pouvoir, sûr de l'appui des grandes puissances impérialistes et des pouvoirs  néocoloniaux de la sous région, face à la déconfiture de ses rivaux, les faux amis du peuple de l'opposition dite démocratique.

Effectivement, les grandes puissances impérialistes occidentales n'ont pas manqué de marquer leur grande satisfaction. Elle l'ont exprimée avec un cynisme sans  fard.  Ainsi, l'Allemagne qui, auparavant, avait l'habitude d'émettre, ne serait-ce que pour la forme,  quelques réserves sur le déroulement des élections dans notre pays,  les a manifestement oubliées. Ses  représentants se sont  même  permis de prétendre maintenant que le Togo pourrait servir de modèle ! La vérité, c'est que  pour ces grandes puissances impérialistes, FAURE GNASSINGBE apparaît comme le valet le plus à même de préserver leurs intérêts face à la concurrence d'autres puissances, et en particulier face aux puissances dites émergentes; c'est aussi l'homme de l'alliance du clan GNASSINGBE et du clan OLYMPIO, le gage d'une situation propice aux affaires.

Mais il est incontestable  que  cette dernière mascarade électorale marque de façon définitive, la faillite totale de la politique  de conciliation, de  tractations au sommet, quelque  soient  les formes  qu'elle a pu revêtir, et  les noms dont on a voulu l'affubler: Conférence nationale souveraine, accords de Ouaga, Accord  cadre de Lomé, les  22 engagements, Accord politique global etc.; elle a  jeté  une lumière crue sur  l'impasse irrémédiable dans laquelle se trouvent les promoteurs d'une telle politique, les faux démocrates de l'opposition dite démocratique.

Les mots d'ordre contradictoires et les revirements  successifs de CAP 2015  et de son chef de file Jean Pierre FABRE  qui, après avoir appelé  au  boycott ont du jour au lendemain,  changé leur fusil d'épaule pour appeler à  la participation. En effet, leurs explications vaseuses pour tenter de se justifier, montrent  bien, s'il en était encore besoin, qu'ils n'ont aucune solution, même illusoire  à proposer. Il en est de même du CAR qui en plus s'est distingué  par un opportunisme ordurier: tout  en appelant à ne pas aller voter, ce parti  a maintenu ses représentants dans l’organisation du scrutin. Pour pouvoir toucher des indemnités ! Pour le CAR cette élection n'était qu'une occasion pour  grappiller quelques sous ! Voilà où ils en sont ! Ce qui apparaît à l'évidence aujourd’hui, c'est  que ces partis  dans leur situation actuelle, sont entièrement à la remorque du pouvoir, des puissances impérialistes et entièrement soumis au bon vouloir et à leurs  initiatives.  Bien épaulé par ses maîtres impérialistes, c'est l'apprenti dictateur qui  bat la mesure, qui fixe les calendriers.

Le fait est que  ces faux amis du peuple sont en pleine débandade,  et c'est la raison pour laquelle un  AGBEYOME  après un tour dans l'opposition, qui l'avait  chaleureusement accueilli, a préféré rejoindre de nouveau  l'attelage RPT-UNIR/UFC; les autres attendent,  sans doute, qu'on leur jette encore un nouvel os à ronger: des élections LOCALES, régionales et sénatoriales, par exemple et, pourquoi pas, un nouveau cycle de négociations. Ils  pourront ainsi continuer à justifier leur existence.

Mais le plus important, pour les communistes et les démocrates, c'est la prise  de conscience grandissante du Peuple.  En effet, le Peuple, dans un nombre qui va  toujours croissant, est en train de se rendre compte de plus en plus, que la politique de l'opposition dite démocratique n'a servi qu'à prolonger le  régime d'oppression anti-populaire; il a pu  aussi  vérifier une fois de plus,  que  les puissances  impérialistes ne sont  pas des «puissances amies», mais les responsables de l'oppression  et de la misère dont il est victime. Ils sont toujours plus nombreux à prendre leur distance avec les faux démocrates, comme en atteste  la proportion  élevée de ceux qui ont  refusé de participer au cirque électoral.

Toujours dans le même sens, un  autre fait significatif que nous ne pouvons pas manquer de relever, ce sont les  grèves qui se sont  multipliées  dans le même temps dans divers secteurs, notamment la santé, l'enseignement, les transports public. Quelque soient les limites de ces mouvements: c'est  incontestablement le signe que les travailleurs et le Peuple  sont  de nouveau en train de se convaincre peu à peu que c'est seulement par eux-mêmes et par la lutte qu'ils pourront parvenir à la pleine satisfaction de leurs  justes aspirations à la liberté, à la démocratie au progrès social. 

 Les communistes et les démocrates sont conscients de cela. Ils n'ont pas du tout l'intention de se dérober à leur devoir. Ils mettront  tout en œuvre  pour que ces  mouvements puissent le moment venu devenir le grand torrent insurrectionnel capable d'emporter ce régime d'oppression néocolonial.
 

Lomé, le 30 avril 2015 

Le Parti Communiste du Togo  - Parti de la Révolution

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